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Presse écrite... Besançon est l’exemple d’une ville d’art et d’histoire...

Est républicain (20 septembre 2015)

 

exposition Battant vie d'un secteur sauvegardé

 

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Est républicain

 

Anniversaire - Pour ses 40 ans, Renaissance du vieux Besançon rend hommage à son fondateur, François-Xavier Lebleu

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25/01/2014

 


 

 

Histoire - Le dernier Cahier de Renaissance du Vieux Besançon, sur la vie religieuse locale Il était une fois la foi, ici

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3/11/2011

La « une », déjà, est remarquable. En un seul cliché, sont réunis 3 des principaux lieux de culte bisontins.

 


À Bernard de Vregille

30/11/2011 à 05:29  

Renaissance du Vieux Besançon a dédié son 10e Cahier au père jésuite Bernard de Vregille (né en 1915, mort le 16 septembre dernier). Il fait partie ... Est républicain

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Extrait du bulletin n°56 - avril 2016

Les monuments fondus à Besançon, sous l’Occupation

 

Il s’agit là d’une première approche du phénomène que connut Besançon, sous l’Occupation, à partir de 1941 : celui-ci, s’il recèle des caractères locaux particuliers s’inscrit pleinement dans le cadre d’une politique nationale imposée à l’Etat français par les autorités allemandes. Les recherches en cours ne sont pas achevées et mobilisent plusieurs acteurs. Cependant il est apparu utile à Renaissance du Vieux Besançon de faire un premier point sur ce dossier. Toutes les remarques et observations que vous pourrez faire seront les bienvenues et enrichiront le débat.

Le contexte

Essayons, tout d’abord, en quelques mots, de rappeler ce contexte. Dès l’obtention des pleins pouvoirs par Philippe Pétain, le 10 juillet 1940, un ministère de la Production industrielle et du Travail est créé dans le cadre du gouvernement Laval. Mais comme l’indiquent fort bien les auteurs d’une étude historique sur « Les Français au quotidien 1939-1940 » (Eric Alary, Bénédicte Vergez-Chaignon, Gilles Gauvin. Editions Perrin-Tempus ; 2009) :

« La France manque de tout. Il faut récupérer la moindre parcelle de nourriture et de matière première. »

Au-delà des besoins impérieux de l’économie française ou du moins ce qu’il en reste (et qu’il faut relancer), se manifestent les exigences des autorités allemandes pour leurs opérations militaires.

En juillet 1941, une campagne nationale est lancée afin de récupérer tous les objets usuels en métal non ferreux. On collecte aussi bien des chaudrons que des bougeoirs, ou des boutons de porte, etc. L’Etat paie le plomb 6 F le kg et 30 F pour le cuivre et ses alliages, comme le laiton, le bronze et le maillechort.

Automne 1941, la récupération des métaux non ferreux se veut systématique

Cette campagne de récupération étant décevante et la pression de l’occupant toujours forte, l’Etat français va adopter une loi datée du 11 octobre 1941 qui précise les objectifs de cette mobilisation et les modalités de son organisation (arrêté du 16/10/1941).

Son article 1 est clair : « Il sera procédé à l’enlèvement des statues et monuments en alliage cuivreux sis dans les lieux publics et dans les locaux administratifs, qui ne présentent pas un intérêt artistique ou historique ».

Cette loi est à la fois brutale et très subtile car elle invoque les besoins en matières premières de nos industries et de l’agriculture (en insistant sur le sulfate de cuivre nécessaire à la viticulture…Impossible d’imaginer, à cette époque, une France sans pinard ...) ; mais elle met l’accent sur l’inflation des gloires passées statufiées qui encombrent le domaine public. Il s’agit là d’une belle occasion de revisiter l’histoire et de façonner la France nouvelle ! Il est précisé que sont exclus de cet enlèvement les monuments présentant un caractère historique et esthétique, la notion peut prêter à de nombreuses interprétations. L’amiral Darlan qui était alors vice-président du Conseil (le président étant Pétain) indiquera que seuls doivent être épargnés Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV et Napoléon 1er !

Sont également exclus les monuments aux morts et les monuments des cimetières…

Il est bien précisé que ces métaux non ferreux ne sont pas destinés à l’occupant. Or, dans les faits, ils partiront, pour l’essentiel, en Allemagne.

D’ailleurs, un décret du 7 août 1942 a pour objet de récupérer, chez les viticulteurs, tous les objets qui contiennent du cuivre ! puis, le 31 décembre 1942, les appareils à concentrer le moût !

Cette politique est cependant, au départ, difficile à mettre en œuvre car elle implique trois secrétariats d’Etat : le secrétariat d’Etat à l’Education nationale (il a alors en charge les Beaux Arts), le secrétariat d’Etat à l’Intérieur et le secrétariat d’Etat à la Production industrielle. Ce dernier a d’ailleurs une représentation régionale, à Dijon, 2 boulevard Carnot.

 Un commissariat à la mobilisation des métaux non ferreux complète ce dispositif dès janvier 1942, avec, là aussi, une représentation régionale à Dijon (en 1942/43 1 bis place Blanqui ; en 1944 2 rue de Mirande).

Pour l’application de cette loi d’octobre 1941, pleins pouvoirs sont remis aux préfets qui doivent, entre autres, désigner des commissions afin d’examiner les statues à envoyer à la fonte (ou plutôt à la refonte).

L’application de cette politique à Besançon

Le préfet du Doubs arrête la composition de la commission dès le 7 novembre 1941. Cette commission très technique (5 membres en tout) tient sa première réunion en préfecture le 13 novembre 1941, à 11h00. Et ce, sous la présidence du préfet.

 Il en existe, aux archives municipales, un compte-rendu rédigé et adressé deux jours plus tard par le conservateur adjoint des musées de Besançon, au maire de la ville, l’avocat Henri Bugnet. Il nous semble important de vous en livrer la teneur :

« …J’ai l’honneur de vous rendre compte des décisions de principe que la Commission a prises en ce qui concerne les monuments de Besançon.

Le buste de DUPLAIN (Square Duplain)

La statue FLORE de Just Becquet

Le monument de PERGAUD, exécuté d’après une maquette de Bourdelle (Micaud)

Le buste de BOUCHOT par Saupique (square Bouchot)

Le buste de PASTEUR (façade du lycée Victor Hugo)

Le monument de JOUFFROY D’ABBANS (place Jouffroy)

Les parties en bronze de la FONTAINE de la PLACE FLORE

La FONTAINE DES DAMES par Luc Breton (rue Charles Nodier)

ont été considérés comme devant être conservés en raison de leur caractère esthétique ou historique ou du peu d’importance du métal par rapport à la pierre (par exemple la Fontaine de la Place Flore).

Les monuments du Général PAJOL (Chamars), de CHARTRAN (Granvelle), de l’AMIRAL de VARENNE (Square Saint-Amour), du GENERAL JEANNINGROS (avenue d’Helvétie), de PROUDHON (rond-point des Bains), de CUSENIER (square Cusenier) ainsi que la FONTAINE du SQUARE SAINT-AMOUR et les FONTAINES WALLACE de Granvelle et Micaud ont été considérés comme devant être livrés à la fonte.

Pour les personnages dont le souvenir mérite cependant d’être conservé tel le Général Pajol, la Commission estime que la ville pourrait, avec les sommes qui lui seront versées, faire élever un monument modeste, par exemple un bas-relief, ou faire poser une plaque commémorative dans un lieu approprié. De même la Fontaine du square Saint-Amour pourrait être transformée et érigée entièrement en pierre.

 

En ce qui concerne les monuments de Proudhon et de Cusenier, une question délicate se pose du fait que l’un et l’autre méritent une commémoration, d’autre part que le sculpteur est toujours vivant. M. le Préfet m’a chargé de pressentir ce dernier, M. Laëthier,[1] pour savoir s’il consentirait, au cas où la ville l’estimerait opportun, à remplacer les deux monuments en bronze soit par des répliques en pierre, soit par des monuments nouveaux moins importants que ceux qui seront détruits. M. Laëthier s’est montré disposé à remplacer de préférence des monuments par des répliques en pierre, cette solution serait d’ailleurs la moins onéreuse.

Il estime à 2 400 kilos environ le poids du monument Proudhon, ce qui, à 30 francs le kilo, représenterait pour la ville une somme d’environ 72 000 Frs. Le coût de la réplique en pierre, dans laquelle il supprimerait la figure de femme debout derrière Proudhon, figure dont l’effet est d’ailleurs peu heureux, ne dépasserait sans doute pas 40 à 50 000 Frs.

D’autre part le monument Cusenier, le buste qui ne représente qu’une trentaine de kilos de bronze pourrait être conservé. Seule la figure de femme, placée contre le socle, serait enlevée. Elle pèse d’après M. Laëthier 700 ou 800 kilos, ce qui rapporterait à la ville entre 21 000 et 24 000 Frs. Suivant le désir de l’Administration Municipale, il serait possible de supprimer complètement cette figure ou de la remplacer par une réplique, soit par une sculpture originale, M. Laethier est à la disposition de la Ville pour exécuter l’un ou l’autre de ces travaux s’il y a lieu.

Il est également à votre disposition pour vous fournir tous les éclaircissements d’ordre technique que vous jugerez utile de lui demander, en vue de la consultation du conseil municipal sur cette matière. Veuillez agréer... ».

Ce compte-rendu indique clairement quelles sont les intentions, voire les décisions de cette commission.

Fin décembre 1941, l’enlèvement des statues à Besançon

Mais dès la fin de l’année 1941, un très grand nombre de statues, bustes, monuments sont effectivement enlevés. Que s’est-il passé ?

Tout d’abord, il apparaît que le travail des commissions ne donne pas satisfaction au gouvernement. Une circulaire émanant des secrétariats d’Etat à l’Intérieur et à la Production industrielle adressée aux préfets indique clairement : « Il y a lieu d’être très sévère dans ce choix (des monuments à enlever). La situation extrêmement critique de nos approvisionnements en métaux cuivreux et les perspectives graves qu’elle entraîne pour notre industrie et notre agriculture excluent en effet toute considération de sentiment et exigent de véritables mesures de salut public.»

Aussi, dès le 18 novembre 1941, un conseil supérieur de cinq membres est-il créé : y siègent le secrétaire général des Beaux-Arts ; le conservateur du département de la sculpture du Moyen Age, de la Renaissance et des Temps Modernes du musée du Louvre ; celui du musée d’art moderne ; un représentant du secrétariat d’Etat à l’Intérieur ; un représentant du secrétariat d’Etat à la Production industrielle.

Cette reprise en main trouve tout son effet à Besançon.

En effet, grâce à un compte-rendu d’une réunion du conseil municipal le 23 janvier 1942, nous apprenons que, le 11 décembre 1941, l’ingénieur en chef de la circonscription de Dijon des Industries mécaniques (qui siège dans la commission technique présidée par le préfet du Doubs) « notifie à la ville la décision du comité institué au secrétariat des Beaux-Arts d’enlever non seulement les monuments condamnés par la commission mais également tous ceux dont elle demandait la conservation ou le remplacement ». Le maire a beau protester auprès du secrétariat général, puis auprès du préfet « en insistant surtout sur l’effet produit dans la population par l’enlèvement de Jouffroy », dans un premier temps le seul résultat obtenu est l’autorisation de remplacer JOUFFROY, PROUDHON et PERGAUD par des répliques en pierre. Décision datant de fin décembre 1941.

Les statues bisontines enlevées et refondues

On retrouve aux archives municipales les reçus officiels émis, dès le 18 mars 1942 par le Groupement d’importation et de répartition des métaux qui avait son siège 20 avenue de Messine à Paris. Tout d’abord deux reçus collectifs, l’un portant sur les monuments Proudhon et Bouchot ; l’autre indiquant Pajol, Jeanningros, Chartran, Elisée Cusenier, amiral Devarenne, sœur Marthe et Jouffroy d’Abbans.

Chacun de ces monuments fait l’objet d’un reçu officiel, toujours de la part de ce groupement, avec timbre fiscal, indiquant son poids exact en « kilos ». Tous ces reçus ont été enregistrés à la date du 21 mars 1942. Ce qui semble sceller définitivement leur sort (si l’on peut s’exprimer ainsi) !

- Jeanningros : drapeau et statue, 695 kilos

- Chartran : buste et femme, poids 245 kilos

- Elisée Cusenier : buste, poids 51 kilos; bas- relief 160.

- Sœur Marthe : buste, 60 kilos

- Jouffroy d’Abbans : statue, poids net 1 150 kilos

- Proudhon : statue, poids net 1 466 kilos

- Bouchot : 52 kilos 400

- Pajol : 1 040 kilos socle ciment non compris

- Amiral Devarenne : 54 kilos

7 de ces statues feront l’objet d’un chèque adressé au receveur municipal de Besançon d’un montant de 70 722 F, en date du 24 juin 1943 pour un poids total de 2357,4 kilos, au prix annoncé de 30 F le kg.

Sont exclus de ce règlement les monuments Proudhon et Jouffroy d’Abbans qui doivent faire l’objet d’une copie ou d’une réplique en pierre aux frais de l’Etat. Vous observerez que les poids ne correspondent pas aux estimations de M. Laëthier rapportées par le conservateur adjoint dans son rapport du 15 novembre 1941 cité ci-dessus.

Un courrier du secrétariat d’Etat à la Production industrielle, circonscription de Dijon, en date du 4 mai 1943, confirme bien que Proudhon et Jouffroy d’Abbans ont été exclus du règlement puisque des monuments en pierre doivent être réalisés.

Bien sûr, vous aurez remarqué que ne figurent pas dans cette liste des monuments qui avaient pourtant été répertoriés par la commission.

 

C’est le cas du monument à Pergaud, de Flore, du buste de Pasteur, du buste de l’horloger poète Louis Duplain, de la Fontaine des dames et des fontaines Wallace.

        Maquette de Duplain      Statue du général Pajol-02       

 

Maquette de Duplain                                                     

 

Statue du général Jeanningros-02   

 

 

  

Flore et Pergaud

Lors du conseil municipal du 23 janvier 1942, déjà évoqué par ailleurs, le maire Henri Bugnet indique qu’à la mi-janvier 1942

 « …les Beaux-Arts annoncent (par dépêche) la restitution de PERGAUD et de FLORE. Pergaud qui est encore sur le chantier de la Maison Pateu va nous être rendu. Pour Flore, je suis intervenu auprès de la Maison Danzas[2] qui a fait le transport de Besançon à Nancy et auprès du Groupement de Répartition des Métaux pour que toute diligence soit faite pour retrouver la statue sur le chantier Est et Nord (à Houdemont[3])…  »

Cependant de nouvelles campagnes de mobilisation des métaux sont relancées au printemps 1942 puis en 1943 (avec l’arrivée d’un nouveau ministre, Abel Bonnard[4], qui, avec son équipe de jeunes techniciens, veut faire la preuve de son efficacité…)

On retrouve trace de ces tentatives dans un courrier adressé au maire de Besançon, en date du 7 septembre 1942, émanant du Groupement d’importation et de répartition des métaux, sous l’objet : statues Flore et Pergaud.

« Comme suite à notre demande, M. l’Inspecteur en chef PAGES, chef de la circonscription de Dijon nous a fait connaître qu’il était entièrement d’accord pour que les statues de Flore et de L. Pergaud soient remises en place par nos soins.

Toutefois cet ingénieur nous avise qu’il y a lieu de surseoir à ces mesures, les commissions devant se réunir pour réexaminer les œuvres conservées (en exécution de la D.M. en date du 14 août 1942 du ministre de l’Education nationale adressée aux Préfets).

Nous vous saurions gré de vouloir bien nous tenir au courant de la décision qui sera prise à la suite de ce nouvel examen. »

Flore sera bien, au final, restituée, transportée à l’école des Beaux-Arts avant d’être réinstallée sur sa fontaine, et ce, début 1943 (on retrouve une facture de l’entreprise Bouvard qui effectue ce travail, en date du 13 mars 1943). La note des travaux s’élève à 2171,75 F et, à l’été 1944, cette facture fait l’objet de correspondances entre l’entreprise, la mairie et la Production industrielle installée au Building, rue Proudhon….

 

 Flore et fontaine Flore-02               

 

 

 

Flore aujourd’hui

 

 

 Le monument Pergaud fera aussi l’objet d’un véritable feuilleton à rebondissements.

Pourquoi autant de difficultés à propos de Pergaud ? Parce que, dès l’annonce du retour du monument, le journal Le Franciste se déchaîne. Il publie un article en date du 15 février 1942, reprenant les informations données par le maire lors de ce conseil municipal tenu trois semaines plus tôt.  Sous le titre « Un cadeau inopportun » on peut lire :

… « Il est probable que l’Administration (des Beaux-Arts) a reconnu au monument une valeur particulière pour le soustraire ainsi à la refonte ; dans ce cas, il convient de révéler en quoi réside cette valeur.

 Pergaud maçonnique-02    Le « monument Pergaud » est un monument d’inspiration maçonnique. Les côtés s’ornent de nombreux triangles, et sur la partie postérieure figurent des inscriptions et signes indéchiffrables aux profanes, ainsi qu’un hexagramme dit « sceau de Salomon ». Quant au style du monument, les artistes sincères s’accordent pour reconnaître que c’est une véritable horreur.

Il faut qu’on sache aujourd’hui qu’il n’y a pas de place dans la France nouvelle pour des monuments de cette sorte. La remise en place par la municipalité de Besançon de cet échantillon de propagande maçonnique équivaudrait à une provocation intolérable, véritable insulte à l’esprit de révolution.

La franc-maçonnerie juive ne souillera plus les monuments de France de ses signes symboliques ».

Aussitôt (le 24 février) le préfet demande un rapport au maire de Besançon. Ce dernier s’informe auprès de ses services : les conservateurs étant absents, c’est la bibliothécaire adjointe, professeur à l’école municipale des Beaux-arts qui répond. Et le 10 mars 1942, voici, en substance, la réponse faite au préfet, le maire reprenant, en la citant, l’appréciation de sa fonctionnaire :

« Cette œuvre au point de vue artistique est de médiocre valeur, son seul intérêt provient de ce qu’elle est signée BOURDELLE. Or, dans une conversation que M. A., ancien conservateur-adjoint du musée, avait eue, à Paris, en janvier 1942, et dont il m’avait fait part, Mme BOURDELLE lui avait appris que le bronze de PERGAUD était une œuvre posthume, exécutée d’après une toute petite maquette en terre cuite, et très mal interprétée. Elle voyait sans déplaisir le remplacement de ce bronze par une statue de pierre réalisée avec art et traduisant mieux l’idée créatrice de BOURDELLE.

Si j’ai bonne mémoire, BOURDELLE accompagnait toujours sa signature d’un signe maçonnique. Mais il est certain que le dos de la statue de PERGAUD est couvert d’un nombre beaucoup plus grand d’inscriptions de ce genre.

Je crois qu’il sera utile d’en référer aux Musées Nationaux ou à l’Administration des Beaux-Arts et je peux écrire à M. HAUTECOEUR à ce sujet. »

Que se passe-t-il ensuite ? Difficile, en l’état actuel de nos recherches de le savoir, mais l’affaire rebondit en 1943 suite aux contacts établis par la mairie avec la famille Bourdelle. Et c’est Rhodia Bourdelle[5] qui, en son nom et en celui de sa mère (invalidant l’idée que Mme Bourdelle trouvait ce monument pas du tout réussi ? ...) va mener le combat afin de sauver ce monument, se démenant sans compter et rendant compte régulièrement de ses démarches au maire de Besançon. Elle évoque dans un courrier (3 novembre 1943) la signature maçonnique attribuée à son père, explique le monogramme qu’il a choisi et indique avec vigueur et non sans une forme d’humour que Bourdelle et Pergaud[6] ne sont pas francs-maçons !

« …on aurait trouvé sur le monument des « signes maçonniques ». Le monogramme de mon père est le seul signe qui puisse se trouver sur ses monuments. C’est donc évidemment de lui qu’il s’agit.

Mon père composa ce monogramme lorsqu’il dut signer en abrégé une petite médaille (après la guerre 14/18). Depuis, trouvant cette composition si décorative, il l’ajouta à toutes ses nouvelles œuvres. Il plaça le B de Bourdelle sur le A d’Antoine, puis trouvant cela plus ordonné et sculptural, il enleva tout ce qui dépassait. Cela ressemble sans doute à des signes maçonniques.

J’ai grande envie de me composer un monogramme ressemblant à des signes chinois, peut-être me prendrait-on alors pour une petite chinoise, ce serait mignon tout plein.»

Le commissariat à la mobilisation des métaux non ferreux, région de Dijon (1bis place Blanqui) écrit au préfet du Doubs, le 15 novembre 1943, afin de lui indiquer trois statues à enlever au plus tôt : à Montbéliard, Cuvier de David d’Angers ; à Mouthe, Saint-Simon de Laëthier [7]et à Besançon, L. Pergaud.

Le 8 mars 1944, Rhodia Bourdelle écrit encore au maire de Besançon :

… « L’ordre de respecter M. Pergaud avait été renouvelé. Il est curieux qu’on s’attaque toujours à ce monument puisqu’il est sur la liste des monuments qui doivent rester en place »…[8] Et, précise-t-elle, si l’ordre émanait des autorités allemandes, elle est prête à accomplir les démarches nécessaires auprès d’eux puisque, dit-elle, ces derniers respectent les œuvres de son père.

Enfin, en date du 11 avril 1944, le ministre A. Bonnard adresse un courrier au préfet du Doubs, sous la signature du secrétaire des Beaux- Arts, indiquant :

… « seuls pourront être conservés à Besançon La Fontaine Turenne ou Fontaine des Dames et Louis Pergaud, œuvre de Bourdelle... »

 

Chez nos voisins jurassiens… et ailleurs

Pendant ce temps, nos voisins jurassiens, tant à Poligny qu’à Salins-les-Bains (pour ne prendre que ces deux exemples) organisaient la dissimulation de deux statues devenues, de ce fait, célèbres.

 Le vigneron-02     Tout d’abord, le Vigneron, statue en bronze de 1880 due à l’artiste franc-comtoise Marguerite Syamour[9]. En fait il s’agit d’un monument dédié à Wladimir Gagneur (son père), ex-député du Jura (1869), fouriériste, créateur des fruitières, etc. Le haut de ce monument comportait, sur une colonne, un buste de Wladimir Gagneur, enlevé pour être fondu le 17 mars 1942[10]. Mais le vigneron au pied de la colonne, œuvre plus importante, a été caché. A la place, les habitants découvrent une pancarte avec cette inscription : « Le vigneron est parti aux paisseaux[11] ». La statue fut retrouvée dans un souterrain d’un square proche et remise en place le 15 juillet 1945.                                                                                                                     

     

En ce qui concerne la statue du Général Cler, à Salins-les-Bains, elle est l’œuvre d’un sculpteur jurassien J.J. Perraud. Edifiée en 1865, elle « a pris le maquis le 29 janvier 1944 et [fut] remise en place le 11 novembre 1944 », comme l’indique l’inscription sur son socle.

Il existe de nombreuses études locales, départementales et régionales accessibles sur internet concernant des cas semblables de résistance à l’administration de Vichy.

                            

 général Clerc(a)-02         général Clerc(b)-02

Un historien remarque, quant à lui, que la capitale n’a pas montré l’exemple dans ce domaine ! Peut-être du fait de l’inflation de monuments dans les rues, places, squares parisiens. 144 statues parisiennes devaient être fondues : il n’y en aurait eu, au final, que 95 qui auraient été détruites.

 

Les nouveaux monuments réalisés en remplacement des disparus, à Besançon

Le conseil municipal de Besançon, maire en tête, évoque dès 1941 l’émoi ressenti par les populations devant ces socles vides ! Même Abel Bonnard s’en fait l’écho, pour ce qui est de la situation créée en France, en 1944, dans sa note au secrétaire des Beaux-arts.

Mais on ne trouve rien dans Le Petit Comtois de l’époque. Il est vrai que les autorités d’occupation y veillent ! Au niveau national toutes les photos de plein air, même prises du fond des appartements, sont interdites. Ce qui explique le peu d’iconographie disponible.

En cette fin d’année 1941, le journal est envahi de communiqués officiels sur les cartes d’alimentation, bons de chaussures et création inédite en France (?), par la municipalité, d’une carte afin d’obtenir… de la cancoillotte qui devient ainsi rationnée !

C’est le Jouffroy d’Abbans, œuvre d’un sculpteur haut-saônois, Gauthier, qui est le plus souvent cité comme suscitant des protestations. Aussi la décision est très vite prise, au niveau national, suite à la demande du conseil municipal, de faire un monument en pierre différent. (le régime pétainiste avait su s’entourer de nombreux amiraux et Jouffroy d’Abbans étant une gloire de la Marine ; ceci peut-il expliquer cet engouement officiel ?)

 

 Jouffroy d'Abbans bis

 

Jouffroy d’Abbans, œuvre du sculpteur haut-saônois Gauthier

 

 Jouffroy d'Abbans 3 pateu robert

  

Après sa dépose, statue entreposée chez Pateu/Robert

 

C’est le secrétariat d’état aux Beaux-Arts qui informe la ville que c’est le sculpteur Jean Jegou (demeurant alors 9 avenue Allenby à Paris) qui a été retenu le 20 décembre 1943. Celui-ci prendra très vite les contacts nécessaires avec les services techniques de la ville afin de connaître les dimensions du socle de la fontaine et autres caractéristiques techniques. Mais il faudra attendre 1946 pour que tout soit achevé. Et les hésitations se prolongèrent, du fait des travaux de reconstruction du pont Battant, pour la réfection des plaques de bronze qui étaient placées sur ce socle. Finalement on déplaça ce monument, avenue d’Helvétie[12], là où il se trouve encore.

 JA aujourd'hui                                  JA aujourd'hui Battant

 

 

                                                                                                               S’est rajoutée depuis la sculpture du marquis (et ses différents avatars) due à Pascal Coupot, un autre Haut-Saônois.

 

 

 

Il est également convenu, dès 1942, que le Proudhon aura aussi une réplique en pierre. Mais les choses, là aussi, vont traîner… A tel point que le préfet du Doubs va demander à la municipalité, par un courrier en date du 11 août 1945, si elle souhaite remplacer la statue de Proudhon ! Il faudra attendre l’œuvre du sculpteur Georges OUDOT, installée square Sarrail, en 1956, pour que réparation soit faite ! Et, ironie de l’histoire, Georges Oudot ne lésine pas sur les symboles maçonniques : Proudhon était franc-maçon, Georges Oudot également (d’où une nouvelle polémique dans la presse…)

 Proudhon-Laithier-02        Proudhon-Oudot-02

  Statue de Proudhon par Laëthier entreposée chez Pateu/Robert et Statue de Proudhon par Georges Oudot

 

 

 

Un autre sujet de préoccupation de la municipalité est le remplacement du buste du membre de l’Institut, Henri Bouchot. Il faut dire que c’est sa fille, mariée au sculpteur SAUPIQUE, tous deux domiciliés 105 rue Notre Dame des Champs à Paris dans le 6°, qui mène le combat pour une réplique en pierre. Son époux propose ses services désintéressés car il s’agit là « d’une œuvre de piété familiale ». Mais il lui faut obtenir des moulages du buste en bronze. Les services municipaux se démènent et c’est finalement le sculpteur décorateur de Nancy, M. René Grandcolas qui les effectue sur le chantier de la Société Est et Nord de Nancy. Coût de l’opération : 1 190 F facturés à la ville le 3 juillet 1942. Les frais de matériaux seront pris en charge par la direction des arts plastiques en 1945, les frais d’expédition par la ville. Et le buste sera placé sur son piédestal dans le square éponyme, le 19 avril 1946.

 

 Bouchot(CP)-02     Bouchot-02  Aujourd'hui dans le square Bouchot

 

 

  

Et Pergaud ?

 

 Pergaud(Micaud)-02   Le sculpteur Saupique souhaitait que, à l’occasion de l’installation du buste de son beau-père, soit organisée une petite cérémonie. Mais le député-maire Jean Minjoz s’y oppose. Il avait adopté la même attitude en ce qui concerne la réinstallation du monument Pergaud au parc Micaud.

Pour preuve, la note manuscrite à entête de l’Assemblée nationale constituante, à l’attention du secrétaire général de la mairie de Besançon, le 13 mars 1946, indiquant « … ci-joint une lettre de M. Bouchot-Saupique au sujet du buste de M. Bouchot. Je pense que nous pourrions répondre disant « pas plus de cérémonie pour cette statue que pour celle de Pergaud mais article dans la presse ».

Il apparait que la volonté de la municipalité était alors d’organiser une cérémonie jumelée pour le buste d’Henri Bouchot et le monument Pergaud[13]. Mais cela s’avère très difficile en fonction des disponibilités des uns et des autres. Le député-maire Jean Minjoz est très présent à l’Assemblée nationale pour les débats sur la future constitution de la France. Il se fait envoyer son courrier de la mairie de Besançon à Paris.

Cette absence de cérémonie suscitera bien des mécontentements dont celui, entre autres, d’Eugène Chatot, jurassien, qui a épousé la veuve de Pergaud. Si l’on en juge par la correspondance adressée à ce sujet en mairie et les approximations sur les dates, il semblerait que le monument Pergaud soit replacé début avril 1946, avant celui d’Henri Bouchot (à vérifier).

Une véritable légende populaire entoure le monument Pergaud. Raoul H. Steimlé y fait allusion dans son ouvrage sur les « Francs-Comtois célèbres et moins connus » aux éditions L’Harmattan. Le Pergaud aurait été caché, par ses admirateurs, sous un tas de sable du chantier Pateu/Robert rue de la Mouillère. Eugène Patot, lui, évoque sa présence, avant qu’il ne soit réinstallé à Micaud, dans les dépôts de la voirie. Ce qui est certain, c’est que l’on ne trouve rien à ce sujet dans la correspondance échangée entre le maire de Besançon et Rhodia Bourdelle.

 

Et les autres ? Cusenier, Sœur Marthe, Duplain, Chartran ?

Si l’Amiral Devarenne et Pajol ont définitivement disparu, d’autres bustes et statues existent encore aujourd’hui à Besançon. Ils apparaissent dans les années d’après-guerre et font l’objet parfois d’inaugurations. Il reste à mener quelques recherches à ce sujet. Car curieusement, à la Libération, lorsque la mairie est interrogée par différents interlocuteurs sur ces disparitions liées à l’Occupation, les services de la voirie préparent les réponses, et à trois reprises (22/04/44, 13/12/44, 3/02/45) indiquent Proudhon, Jeanningros, Bouchot, Jouffroy d’Abbans, Amiral Devarenne, Elisée Cusenier, Chartran. Une seule variante : dans le courrier du 22 avril figure Duplain… Nous ne disposons pas de reçu concernant ce buste et le communiqué de presse laconique publié par la mairie à propos du remplacement du buste de Henri Bouchot indique : « Moins heureux que le monument PERGAUD et le buste de DUPLAIN, qui avaient été soustraits à la convoitise des occupants, le buste d’Henri Bouchot.. . ». Quand, comment, par qui ? Le mystère reste à lever.

 

Chartran(CP)-02         Chartran-02

 

                                                                                                         Statue de Chartran aujourd’hui

 

 

  

On n’entend plus parler du buste de Pasteur, et il est toujours en place.

 

Pasteur-02

En ce qui concerne le buste de sœur Marthe dû au sculpteur bisontin Just Becquet, un reçu concernant sa refonte a bien été établi. Mais il ne figure pas sur ces listes de la mairie…On sait qu’une cérémonie a été organisée pour la nouvelle mise en place du buste actuel devant l’hôpital Saint- Jacques le 25 juillet 1948. Il s’agit d’une copie, d’après maquette, de l’ancien.

  

 Soeur Marthe-02             Soeur Marthe (grossi)-02                                                                                                                             

Sur la plaque sous le buste on peut lire : 

 

« A SŒUR MARTHE

ANNE BIGET DE THORAISE

PROVIDENCE DES BLESSES

DES PRISONNIERS DE GUERRE

ET DES PAUVRES

LE COMITE BISONTIN

DE L’UNION DES FEMMES DE France

MDCCCXC »

 

Quant à Elisée Cusenier, c’est sa famille qui aurait fait refaire le buste que l’on peut voir dans le square éponyme

 Elisée Cusenier-02

 

 

En guise de conclusion provisoire

Nous emprunterons les termes de cette conclusion à la passionnante étude de madame Christel SNITER, docteur en sciences politiques Paris 1, publiée sous le titre « Destruction et recyclage des statues parisiennes sous l’Occupation (archives) » dans la revue Terrains et Travaux 2/2007, n°13, P.99-118. (Cette étude, comme d’autres, a été plus qu’utile à la rédaction de cet article).

« Quelle réelle quantité de métal cette politique permit-elle de récupérer ? Certains chiffres révèlent des quantités insignifiantes. Pour le cuivre, sur un total de 285 000 tonnes prélevées en 4 ans (1941-1944), soit 75% des ressources françaises, la mobilisation des statues ne représentait que 450 tonnes soit le pourcentage dérisoire de 0,16%... En ce qui concerne l’étain, sur un total de 12 740 tonnes prélevées sur les stocks français par le biais du Métalplan, des réquisitions, etc. soit 67% des ressources, la » mobilisation spéciale » comprenant les statues mais aussi les comptoirs et objets divers, ne produisit que 320 tonnes, soit 2,5% du total réquisitionné. On peut tenter de déduire l’apport en étain des statues au regard des tonnes de cuivre récupérées. Sachant que le bronze contient entre 3 et 25% d’étain (11% en moyenne), les 450 tonnes de cuivre mobilisées ont dû permettre de rassembler entre 14 et 150 tonnes soit entre 0,11% et 1,17% de l’ensemble des prélèvements d’étain (68 tonnes en moyenne, soit 0,53%). »

Remarque : cette étude n’aurait pu se faire sans l’aide et les conseils précieux de madame Marie Grenier (auteure d’un livre à paraître, cette année, sur Jeanningros), messieurs Jean-Marie Pinel, Christian Mourey et Bernard Carré, Pascal Brunet sans oublier les recherches efficaces du service des archives de la bibliothèque d’étude et de conservation de la ville de Besançon (essentiellement dossier archives : IM 128-137). Que tous en soient remerciés…et puissent, si besoin est, prolonger leurs recherches.  Les cartes postales illustrant cet article proviennent, pour la plupart, du site Mémoire Vive de la ville de Besançon.

 

Jean-Claude Goudot.

 

 Notes

[1]                M. Laethier était professeur de sculpture à l’Ecole municipale des Beaux-Arts. Sculpteur fécond, en particulier dans le Doubs, une exposition d’une partie de ses œuvres  a été organisée par le musée des Beaux- Arts et d’Archéologie de Besançon, en 1996, dans le cadre d’un « Hommage à 4 sculpteurs oubliés », dont Georges Laëthier (cf. catalogue paru).

[2]              La maison Danzas de Besançon est alors, comme elle l’affirme dans un courrier en date du 21/01/1942 « correspondants régionaux du groupement d’importation et de répartition des métaux ». Ce groupement étant une société anonyme.

[3]              Cette SARL concerne, comme l’indique un courrier daté du 10/02/1942, les « Métaux Neufs et Vieilles Ferrailles ». En fait c’est la société charbonnière Est et Nord qui a repris comme « exploitant à bail » une vieille société « Salomon Frères », 70 rue Charles III à Nancy. Elle dispose à Houdemont d’un chantier relié à la voie ferrée.

[4]                Abel Bonnard, écrivain, poète, académicien est nommé ministre, secrétaire d’Etat à l’Education nationale et à la Jeunesse (en remplacement de Jérôme Carcopino qui n’était que secrétaire d’Etat) poste qu’il occupera jusqu’à la Libération.  Il sera condamné à mort par contumace alors qu’il s’est exilé en Espagne. Rejugé en 1960, sa peine sera commuée, mais Abel Bonnard retournera en Espagne où il meurt en 1968.

[5]              Rhodia Bourdelle habite alors, avec sa mère, 6 avenue du Maine, une maison dans un petit parc où était également l’atelier du sculpteur. Ce lieu, situé à deux pas de la gare Montparnasse abrite le musée Bourdelle actuel.

[6]                Elle assure, au sujet de Pergaud, tenir cette information de M. Charles Léger, Franc-Comtois, historien, critique d’art. Il est l’auteur du petit fascicule consacré à G. Courbet dans une collection de poche « Les maîtres de la peinture » dirigée par Georges Besson, un autre Franc-Comtois célèbre.

[7]                Ces 2 monuments seront finalement sauvés.

[8]                Le 11 février 1944, Abel Bonnard adressera un courrier au secrétaire général des Beaux-Arts afin de lui demander d’écourter la liste des monuments à conserver….

[9]                Voir note 1 car elle a fait l’objet de l’hommage à quatre sculpteurs oubliés aux côtés de G. Laëthier.

[10]            Remplacé aujourd’hui par une simple vasque.

[11]            Nom patois désignant les piquets de vigne.

[12]            Au départ, Jouffroy d’Abbans tournait le dos au Doubs et regardait l’école….

[13]              Ironie de l’histoire, c’est la même fonctionnaire qui, après avoir rendu en 1942 le rapport au maire indiqué plus haut, sera chargée de tenter d’organiser la cérémonie de réinstallation de Pergaud … .

 

 

Statues et bustes fondus à Besançon sous l’Occupation (bulletin n° 56- avril 2016)

 

quelques précisions apportées par Jean-Claude Goudot

tout d’abord à propos de la statue de Louis Pergaud et de l’absence à la cérémonie pour sa mise en place p. 38, il faut lire Eugène Chatot  (Il épousa la veuve de Pergaud et ils habitèrent le village de Gizia dans le Jura) ;

concernant le monument glorifiant le peintre Théobald Chartran (1849-1907), visible dans le jardinet qui précède le Kursaal, œuvre du sculpteur Segoffin (1867-1925), il avait été inauguré en 1910. Puis, sous l’Occupation, en décembre 1941, il avait été retiré et, comme d’autres statues bisontines, envoyé à la refonte des métaux.

Il faudra attendre une décision du conseil municipal de Besançon, du 24 février 1948, pour que la question de son remplacement par le buste actuel soit réglée :

 « M. l’Adjoint Tock expose que par lettre du 3 janvier dernier, le Ministère de la Jeunesse, des Arts et des Lettres a fait connaître que le remplacement du buste de Chartan enlevé par les Allemands pendant la guerre ne serait pas effectué par ses soins, les crédits destinés au remplacement des œuvres en bronze étant épuisés et n’ayant pas été renouvelés.

M. Laëthier, le sculpteur bisontin bien connu possédant un moulage de l’original de cette œuvre détruite, s’offre à le refaire et à le remettre en place pour la somme globale de 30 000 F y compris la fourniture du bronze.

 

Sur avis favorable des Commissions des Bâtiments et d’Administration et des Finances, le Conseil Municipal accepte cette proposition et vote à cet effet un crédit de 30 000 F qui sera prélevé sur les fonds libres et porté au budget supplémentaire de l’exercice 1948.

Considérant que M. Laëthier fait l’avance de la matière première, le paiement s’effectuera dans les conditions suivantes :1/3 à la commande, 1/3 en cours d’exécution et le reliquat après la mise en place du buste. »

 

Le monument glorifiant le peintre Théobald Chartran (1849-1907), visible dans le jardinet qui précède le Kursaal, œuvre du sculpteur Segoffin 1867-1925), avait été inauguré en 1910. Puis, sous l’Occupation, en décembre 1941, il avait été retiré et, comme d’autres statues bisontines,  envoyé à la refonte des métaux.
Il faudra attendre une décision du conseil municipal de Besançon, du 24 février 1948, pour que la question de son remplacement par le buste actuel soit réglée :
« « M. l’Adjoint Tock expose que par lettre du 3 janvier dernier, le Ministère de la Jeunesse, des Arts et des Lettres a fait connaître que le remplacement du buste de Chartan enlevé par les allemands pendant la guerre ne serait pas effectué par ses soins, les crédits destinés au remplacement des œuvres en bronze étant épuisés et n’ayant pas été renouvelés.
M. Laëthier, le sculpteur bisontin bien connu possédant un moulage de l’original de cette œuvre détruite, s’offre à le refaire et à le remettre en place pour la somme globale de 30 000 fr. y compris la fourniture du bronze.
Sur avis favorable des Commissions des Bâtiments et d’Administration et des Finances, le Conseil Municipal accepte cette proposition et vote à cet effet un crédit de 30 000 fr. qui sera prélevé sur les fonds libres et porté au budget supplémentaire de l’exercice 1948.
Considérant que M. Laethier fait l’avance de la matière première, le paiement s’effectuer dans les conditions suivantes :
1/3 à la commande
1/3 en cours d’exécution
Et le reliquat après la mise en place du buste.’